Nous sommes en été : permettez-moi de vous présenter un montage qui n'a supposé qu'un peu de recherche. Mais dont le message n'en est pas moins fort instructif.
Voici deux déclarations de Jean Charest rapportées dans cyberpresse du samedi 10 juillet 2010.
Première déclaration :
M. Charest a dit souhaiter accomplir un quatrième mandat à la tête du gouvernement du Québec.
« J'ai participé à quatre élections, je pense que 5 est un bon chiffre », a déclaré Jean Charest, battu à sa première tentative en 1998, et élu premier ministre libéral du gouvernement du Québec à trois reprises depuis avril 2003.
Commentaire :
Cela veut dire que Jean Charest est toujours dans les bonnes grâces de celui qui l'a créé politiquement pour défendre ses intérêts : Paul Desmarais Sr.
Deuxième déclaration :
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a assuré samedi n'avoir jamais critiqué les sables bitumineux d'Alberta, dans une interview accordée à la radio anglophone CBC.
« Ça n'a jamais été le cas », a-t-il affirmé : « Je suis rentré frustré du sommet de Copenhague (sur le changement climatique), car il se disait alors que j'avais critiqué à la fois l'Alberta et les sables bitumineux ».
(Les sables bitumineux de l'Alberta représentent la principale source pétrolière du Canada. Leur exploitation est régulièrement mise en cause par les associations environnementales, qui soulignent les importantes émissions de gaz à effet de serre ainsi que la destruction d'une partie de la forêt boréale.)
Commentaire :
Première information : 7 juillet 2010
Total achète UTS Energy pour 1,15 milliard PARIS
Le groupe pétrolier français Total a annoncé mercredi qu'il avait signé un accord pour acheter la société canadienne UTS Energy et sa participation de 20% dans le projet minier Forts Hills dans la province de l'Alberta, pour 1,15 milliard de dollars canadiens.
Cet accord prévoit qu'UTS transférera dans une nouvelle société ses actifs autres que sa participation dans Fort Hills et que Total Canada acquerra la société UTS pour un montant en numéraire de 3,08$ par action, indique le communiqué.
Compte tenu du montant d'argent comptant détenu par UTS et acquis par Total (355 millions ou l'équivalent de 0,73$ par action), le coût d'acquisition ressort pour Total à environ 1,15 milliard, ajoute le communiqué.
La transaction est soumise aux autorisations réglementaires des autorités canadiennes et l'acceptation du « Plan for Arrangements » par au moins 66,67% des actionnaires d'UTS Energy présents lors d'une assemblée générale extraordinaire, précise le communiqué.
La dernière estimation des ressources du projet Fort Hills est d'environ 3,4 milliards de barils de bitume qui seront exploités par extraction minière à ciel ouvert, indique Total.
Ce projet doit être développé en deux phases, dont la première d'environ 160 000 barils par jour a obtenu les autorisations administratives nécessaires. Total espère une mise en production à l'horizon 2015-2016.
UTS bénéficiant d'un portage de la part de ses partenaires dans le projet Fort Hills, portage qui sera transféré à Total (environ 704 millions), Total affirme qu'il aura ainsi accès à environ 680 millions de barils de ressources pour un coût d'acquisition net de 0,65$ par baril.
(Des écologistes canadiens et américains avaient annoncé en avril qu'ils portaient plainte contre le gouvernement canadien, lui reprochant de ne pas appliquer ses propres lois en permettant aux compagnies exploitant les sables bitumineux de l'Alberta de polluer les cours d'eau.) (fin de la citation)
deuxième information : un article paru dans Vigile : 27 mars 2010
Mathieu Turbide - La famille montréalaise Desmarais, propriétaire de Power Corporation, aurait une influence beaucoup plus importante qu'il n'y paraît sur la pétrolière française Total, soutient l'auteur d'un livre controversé qui doit paraître la semaine prochaine au Canada.
Selon l'auteur et journaliste français Jean-Philippe Demont- Pierot, dont le livre « Total(e) impunité » a été publié le mois dernier en France, le grand patron de Power Corporation, Paul Desmarais, et son associé belge, Albert Frère, ont leur mot à dire sur toutes les décisions stratégiques du géant français du pétrole.
« [Ils] ont en leurs mains près de 6% des droits de vote. Cela paraît peu, mais cela suffit à tenir le conseil, donc la société. Pourquoi ? Parce que le dépassement du seuil de 5% leur confère des pouvoirs exclusifs que n'ont pas les autres administrateurs et actionnaires », souligne-t-il.
Via le Groupe Bruxelles-Lambert et CNP, les familles Desmarais et Frère possèdent 5,4% des actions de Total. Ils peuvent ainsi, selon l'auteur, « convoquer des assemblées générales extraordinaires des actionnaires » et même « engager une procédure de révocation des cadres de l'entreprise ».
Desmarais et Sarkozy
Le livre de 264 pages s'ouvre sur une description de la réception qui a été organisée au restaurant parisien Fouquet's le soir de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la France, soirée à laquelle participaient Paul Desmarais Sr et son associé Albert Frère.
Jean-Philippe Demont-Pierot, qui a été journaliste au Cambodge pendant 10 ans, a commencé à s'intéresser à Total après avoir rencontré des réfugiés birmans vivant en Thaïlande qui lui ont parlé de la présence -toujours très controversée -de Total dans leur pays.
Le problème birman, éternelle patate chaude pour la pétrolière, est d'ailleurs largement expliqué dans ce livre coup-de-poing. L'auteur relate comment les milliards de dollars investis par Total en Birmanie ont aidé la junte militaire (qui n'est toujours pas reconnue par l'ONU) à asseoir son autorité dictatoriale sur le pays.
L'auteur s'intéresse aussi aux nombreuses autres activités controversées de la plus grande entreprise française (une capitalisation de 137 milliards $).
Il souligne l'intérêt grandissant de Total pour les sables bitumineux canadiens, relevant à plusieurs reprises l'influence de la famille Desmarais sur les politiciens canadiens.
Paul Desmarais Junior est le seul Canadien à siéger au conseil de Total. Il représente le Groupe Bruxelles-Lambert, une entreprise possédée à 50% par le holding Pargesa, un partenariat entre Power Corp et Albert Frère.(Fin de la citation)
Troisième information : source Wikipedia
Biographie de Paul Desmarais Jr
Paul Desmarais Junior est le fils du milliardaire canadien Paul Desmarais. Paul Desmarais Jr est responsable des affaires de Power Corp en Europe, un des actionnaires principaux de la compagnie pétrolière française Total SA.
Il est passionné de musique, de chant et de yoga et est un amateur de retraite dans les monastères. Il compte dans son réseau relationnel les journalistes Philippe Labro et Christine Ockrent, l'éditeur Olivier Orban, Gérard Depardieu et Alain Juppé.
Il possède un domaine au bord du lac Memphrémagog, près de Magog au Québec.
Son père, Paul Desmarais Sr, était de la fête tenue au Fouquet's pour célébrer l'élection du nouveau président Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007.
La famille Desmarais entretient aussi des relations avec les dynasties industrielles françaises Dassault, Peugeot, Rothschild et le célèbre financier belge Albert Frère, entre autres. (fin de la citation)
Conclusion :
de ces sources d'information facilement accessibles, nous pouvons conclure.
Nous comprenons maintenant pourquoi Jean Charest a assuré samedi le 10 juillet 2010 n'avoir jamais critiqué les sables bitumineux. Il a beau vouloir projeter une image de protecteur de l'environnement, il ne peut se permettre de critiquer son maître et bienfaiteur Paul Desmarais père et fils qui viennent d'investir par le moyen de Total, 1.15 milliards canadiens dans les sables bitumineux de l'Alberta.
Quand on sait que quelques millions ont été versés en fiducie pour assurer son avenir, on peut penser que les 75,000 $ de salaire annuel versés par le Parti libéral à son chef depuis 1998, (salaire caché pendant plus de dix ans) ne servent que de paravent pour cacher les revenus de fiducie que lui assurent son généreux bienfaiteur qui en a pour son argent puisqu'il a donné au chef libéral l'autorisation de dire qu'il sera encore là pour les prochaines élections malgré le piteux 24% dans Vachon qui annonce le pourcentage des votes qu'obtiendra le Parti libéral sous Jean Charest dans une élection générale dans les comtés francophones comme celui de Vachon.
Pour Paul Desmarais, Jean Charest, c'est le meilleur.
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Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 10 juillet 2010