Hypothèse.
Si Jean Charest affirmait hic et nunc sa volonté de réclamer un quatrième mandat dans le seul but de se protéger des Desmarais, père et fils ?
Si ces derniers, en effet, avaient compris que l'homme qu'ils ont porté au pouvoir à Québec pour défendre leurs intérêts canadiens, soutiens de ceux qu'ils ont dans le monde, ne pouvait désormais que leur nuire ?
Si les Desmarais se préparaient à le jeter comme une vieille serviette et qu'ils profitaient de sa constante baisse de popularité dans les sondages pour l'expulser ? S'ils voyaient l'urgence de trouver un nouveau chef au Parti libéral, avant qu'il ne soit trop tard pour que celui-ci ait la moindre chance de se maintenir au pouvoir ?
Maintenant qu'ils savent qu'il est devenu impossible de recycler leur Prime Minister of Québec au fédéral, que peuvent-ils en faire, sinon de s'en débarrasser ?
Si c'était ce qu'a flairé le petit John, non parce qu'il est un fin renard, mais parce qu'il connaît comme pas un la fourberie de ses maîtres qui dépasse à peine l'ampleur de la sienne ?
Que ferait alors le poulain fringant devenu une mauvaise bête de trait ? Sinon prendre les devants et annoncer qu'il briguera un quatrième mandat. Il n'a plus rien à perdre, mais il peut gagner la chute du Parti libéral des Desmarais, père et fils. Ils n'en mourront pas, mais ils souffriront de cette déstabilisation majeure de la structure de leur puissance, le contrôle du pouvoir au Québec étant l'assise de leurs réseaux d'influence mondiale.
Si cette déstabilisation était la seule vengeance que peut espérer Jean Charest, le plus servile de leurs serviteurs ?
Andrée Ferretti.