Mon cher Lucien,
Un mot pour te féliciter de ta dernière intervention. On se revoit cet été. L'orchestre symphonique invitée te jouera ton morceau préféré pendant que tu reliras "A la recherche du temps perdu". Il faudrait faire coïncider ta visite avec celle de Nicolas. Carla amènera sa guitare. Elle va nous enchanter. Robert Charlebois nous distraira : c'est un clown sympathique. Un peu de rock pour réchauffer mes vieux os.
Jean commençait à être dans l'eau chaude. Excellente diversion. Merci pour lui et pour nous. La division des Canadiens-français entre eux nous a toujours bien servi. Il faudra créer un parti de droite pour remplacer l'ADQ moribonde. Qu'en penses-tu ? Mario Dumont et Gilles Taillon m'ont déçu.
Je ne savais pas que Pauline Marois avait comparé ton frère à Elvis Gratton. C'est très bien de dire qu'elle est une radicale. Le petit André Pratte prendra la suite. "La police du voile", c'est bien trouvé. j'adore quand tu prends ton ton de préfet de discipline et que tu rappelles les Québécois à l'ordre.
C'est correct de raconter ta visite à New-York chez Standard and Poor's qui t'as traumatisé. Il faut qu'ils sachent qui détient le pouvoir économique mais sois prudent. Les gens vont dire : les péquistes administrent serré pour réparer les gaspillages libéraux : Jean, les déficits, ça ne le dérange pas. Ils vont dire : Jacques Parizeau, lui, n'avait pas peur de Standard and Poor's. Parlant de Jacques,il doit être furieux. Une fois de plus. C'est un loser : Pettigrew l'a dit, tu te souviens.
Ce qui me fait le plus rigoler ("chuckle" en anglais), c'est quand je vois certains séparatistes faire semblant de croire que tu es des leurs. Ils disent que tu es intervenu après huit ans de réserve. Ils ont oublié ton leadership dans la rédaction du manifeste des lucides qui a aidé Jean qui était en difficulté (c'est une habitude chez lui : il se surpasse quand il est acculé au pied du mur). Où étaient-ils quand tu as dit récemment à Bernard Derome que la solution au problème canadien, pour toi, c'est Meech. Laissons-les croire ce qu'ils veulent. Comme tu le disais si bien, ce sont des rêveurs. Ils rêvent à l'indépendance. Laissons-les rêver pendant que nous nous enrichissons.
Mes sympathies pour la perte de ton ami Jean-Paul Auclair. Salutations à tes fils.
Paul Desmarais (fictif)
Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, jeudi 18 février 2010